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La nouvelle fabrique du doctorat

lundi 4 mars 2013, par Gilles Raveneau

Programme de la journée d’étude

LA NOUVELLE FABRIQUE DU DOCTORAT

10h-15h

Bâtiment B, salle des conférences (rez-de-chaussée)

Mercredi 20 mars 2013

9h30- Café, accueil des participants à la journée d’étude

9h45- Introduction : Charlotte Arnauld (CNRS ArchAm - Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Gilles Raveneau (Université de Paris Ouest Nanterre la Défense, LESC)

Session 1 : Encadrement et dispositif institutionnel du doctorat aujourd’hui

Modérateur : Charlotte ARNAULD (CNRS - Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

10h- Aubépine DAHAN, chercheur associée au LATTS (Laboratoire Technique, Territoires, Sociétés) UMR 8134, Université Paris-Est

Historique de la politique de la formation doctorale et des ED depuis 1990 en France
D’où vient la réforme des Ecoles Doctorales ? Quelles ont été ses inspirations, sa trajectoire ? Cette communication cherche à rendre compte de la construction et de l’évolution des enjeux ayant suscité cette politique, ainsi que des solutions qui ont été successivement proposées. A la préoccupation, ancienne comme on le verra, concernant la qualité et la durée de la thèse, s’ajoute l’enjeu organisationnel d’éviter le « saupoudrage » des ressources. Cette préoccupation prendra le pas sur la première, et fera des Ecoles Doctorales un levier pour la mise en place des PRES, ainsi qu’un moteur de la polarisation du paysage universitaire français, calquée sur l’exemple américain, entre un petit nombre d’universités de recherche (allant jusqu’au doctorat) et un grand nombre d’universités d’enseignement (proposant la licence seulement).

10h15- Adrien BOUZARD, LESC/CEIAS –Université de Paris Ouest Nanterre La Défense)

LRU et Loi-cadre 2013, les « nouvelles » conditions du doctorat
À la veille de la mise en place d’une énième réforme des universités ouvertement dirigée vers les mondes « socio-économiques », nous questionnerons ici les nouvelles priorités de la stratégie nationale de recherche et leurs implications sur les conditions pratiques et académiques du doctorat. À l’heure de l’instauration des Fondations de Coopération Scientifique, de la fusion du CNESER et du CSRT mais aussi de l’établissement des Conseils Académiques (CEVU+CS), nous reviendrons sur le fonctionnement de ces instances démocratiques de la « communauté universitaire » et sur les espaces de parole et de décision qu’elles réservent aux étudiants et aux doctorants. Ce cadre global permettra de mettre en exergue les récidives d’une institution qui met à mal l’accomplissement d’études supérieures longues dans des conditions de décence (restriction des postes de moniteurs et des allocations doctorales, généralisation de l’enseignement numérique…), et qui réinstaure de fait des mécanismes forts de sélection sociale.

10h30- Jean FRANCES, Doctorant au GSPR/EHESS, ATER au CREAD, Université Rennes2

Initier les doctorants à l’entrepreneuriat pour réformer le doctorat
Au long de cette communication, il s’agira de montrer comment les Doctoriales – ce dispositif de formation à l’entrepreneuriat à destination des apprentis-chercheurs – forment un réseau technico-scientifique simulé, à l’intérieur duquel, les doctorants sont placés en position de main d’œuvre première de l’innovation. En proposant une description ethnographique de ces serious-games, je montrerai en quoi, le fait de permettre aux étudiants de 3e Cycle « d’innover et d’entreprendre » les amène à reconsidérer la thèse et le travail de recherche, au prisme de schèmes de perception utilitaristes.

11h00- Philippe ERIKSON, Professeur, Directeur de l’Ecole doctorale 395 (MCSPP) , Université Paris Ouest Nanterre La Défense, LESC

Réflexions sur la durée des thèses en ethnologie
A partir d’une enquête orale informelle et d’un examen des archives du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative et de l’Ecole Doctorale 395 de Nanterre, il s’agira de comparer la durée des thèses préparées au LESC dans les années 80 et aujourd’hui, et de s’interroger sur les différences.

11h15-12h Discussion et débat avec la salle

12h-13h Déjeuner

Session 2 : Expériences des nouvelles contraintes de formation et de professionnalisation

Modérateur : Gilles RAVENEAU (Université de Paris Ouest Nanterre la Défense, LESC)

13h00- Maïa GUILLOT, doctorante, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, LESC

Être Thésé(e) en trois ans ou comment vaincre le Minotaure

Nous mettrons en évidence les décalages auxquels sont confrontés les doctorants soumis à une pression croissante pour la finalisation d’un travail de thèse en 3 ans, et ce avec des perspectives d’insertion académique « post-doctorale » de plus en plus incertaines.
-  Un temps de thèse raccourci et la production d’un travail de qualité ?
-  Un temps de thèse raccourci dans un contexte institutionnel et financier plus précaire (réduction des bourses et contrats doctoraux ; des postes de vacataires, moniteurs et d’Ater) ?
-  Un temps de thèse raccourci, avec un dossier de production scientifique solide et une expérience d’enseignement conséquente ?
-  Pour quel avenir ? Des concours de plus en plus compétitifs, des post-docs à répétition, une privatisation des métiers de chercheurs.

13h15- Sabine KRADOLFER, post-doctorante du Fonds National Suisse pour la Recherche Scientifique

Trois ans… et quel « calibre » pour les thèses en anthropologie ?
L’harmonisation des filières d’enseignement supérieur (réforme LMD ; Accords de Bologne) ainsi que les nouvelles conditions de production des doctorats nous semblent devenir particulièrement problématiques dans le domaine des sciences humaines et sociales. Contrairement à d’autres disciplines, ces doctorats ne peuvent pas toujours être considérés comme l’aboutissement d’une formation pointue dont les compétences seraient aisément transférables dans les mondes professionnels extra-universitaires. Or, force est de constater que la rapidité d’exécution de la thèse, conjuguée à d’autres critères, comme par exemple, l’obligation de publier dans des revues prestigieuses et essentiellement en anglais sont des éléments d’évaluation des dossiers qui s’imposent de plus en plus aux sciences humaines et sociales à partir d’autres disciplines (« sciences dures » ; « data based sciences »). Dès lors, comment concilier les nouveaux critères, ou standards, de « l’excellence académique » avec les pratiques de l’anthropologie, basées sur la réalisation de terrains de longue durée, souvent dans des régions non-anglophones. Ces différentes questions seront abordées à partir de l’exemple helvétique que nous avons étudié dans le cadre de différentes recherches réalisées depuis 2006 dans les Universités de Lausanne et de Genève.

13h30- Irène BELLIER, directrice de recherches, directrice de l’IIAC/LAIOS, EHESS-CNRS

Faire un doctorat en anthropologie aujourd’hui. Comment concilier impératifs du terrain, recherche de financement et projet de professionnalisation
Alors que l’EHESS permet d’inscrire tout candidat à un doctorat, sous réserve de la qualité de son dossier et de sa motivation, encadrant et doctorant se trouvent confrontés à la nécessité de disposer des moyens nécessaires à l’accomplissement du projet doctoral. A travers l’exposé de plusieurs sources possibles de financement, nous explorerons quelques-unes des arcanes qui pèsent sur (ou dépendent de ) la nature de la relation entre encadrant.e et encadré.e et qui laissent augurer d’une politique de ciblage dont on examinera avantages et inconvénients.

13h45- Marie ROUE, Directrice de recherche s, UMR Eco-anthropologie et Ethnobiologie, CNRS/MNHN

Anthropologie de l’environnement ou slow versus fast : terrains longs, analyse de la complexité et doctorat court
Comment concilier un temps plus court pour la réalisation du doctorat, en principe de trois ans, en vérité un peu plus long après moult négociations, tout en répondant aux injonctions de plus en nombreuses de l’université ? Un terrain long semble toujours de mise, dans une langue généralement inconnue au début du doctorat, l’interdisciplinarité est la loi du genre, et si l’on en croit de nombreuses déclarations institutionnelles, bien considérée. Pourtant il faut aussi que l’impétrant suive les cours de l’école doctorale, écrive un ou plusieurs articles pendant sa thèse, qu’il suive les doctoriales également, car en situation tendue il faut se préparer à l’emploi avant d’avoir fini. En résumé il faut faire plus en moins de temps. Comment faire face ?

14h00- Marion FOREST, ArchAm-Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Centre d’Etudes Mexicaines et Centre-Américaines, Mexico

Une expérience de mobilité doctorale internationale : contraintes et apports dans la professionnalisation du doctorant.
La mobilité des doctorants français en Europe et à l’international est soutenue par de nombreux dispositifs financiers. Les travaux menés sur des terrains à l’étranger sont évidemment les premiers servis, ce qui entraine des mobilités à plus ou moins long terme du doctorant (voire son expatriation définitive lorsque ces dispositifs d’aide ponctuelle à la mobilité se révèlent être les sources uniques de son financement doctoral). La durée, la finalité et la destination de ces mobilités ont sans nul doute des répercussions, à la fois positives et négatives sur la trajectoire doctorale et la professionnalisation du doctorant.
Il semble intéressant de présenter brièvement, au travers d’expériences personnelles, les apports très positifs, mais aussi plus problématiques, que de telles trajectoires impliquent en termes d’intégration professionnelle et de développement de la recherche. Si ce type de parcours est, pour les étudiants français, lié à des thématiques extranationales, de telles expériences doctorales et non plus postdoctorales , pourraient être encouragées et mises en place – dans la mesure du temps désormais imparti aux thèses - dans chaque parcours doctoral en sciences humaines, et cela, quelle que soit la thématique envisagée.

14h15-14h55 : Discussion et débat avec la salle

14h55-15h : Conclusion : Charlotte Arnauld (CNRS - Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Gilles Raveneau (Université de Paris Ouest Nanterre la Défense, LESC)

15h-18h
Assemblée Générale de l’Association Française d’Ethnologie Anthropologie (AFEA)

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Gilles Raveneau , "La nouvelle fabrique du doctorat" [en ligne], in
Afea, Association française d’ethnologie et d’anthropologie, page publiée le 4 mars 2013 [visitée le 11 décembre 2017], disponible sur: http://www.asso-afea.fr/La-nouvelle-fabrique-du-doctorat.html

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