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Les métamorphoses du biologique (appel à com.)

mercredi 1er décembre 2010, par Gilles Raveneau

Pour tous ceux qui souhaitent intervenir et réfléchir sur la place accordée au biologique dans nos sociétés (c’est-à-dire aussi sur le rapport entre naturel/artificiel, organicité/technicité, biologique/social, nature/culture), voici l’appel à communications de notre réseau thématique pour le prochain congres de l’Association française de sociologie qui se tiendra à Grenoble du 5 au 8 juillet prochain (réponses attendues avant le 7 janvier prochain).

Réseau thématique 17 : Gestion politique du corps et des populations

Responsables :

Dominique Memmi (CNRS - CSU)

Gilles Raveneau (Université de Paris Ouest Nanterre, LESC, CeRSM)

Emmanuel Taïeb (Institut d’Études Politiques de Grenoble, PACTE)

Appel à communication pour le 4e Congrès de l’AFS

Grenoble, 5 - 8 juillet 2011

Les métamorphoses du biologique.

La tension entre attirance et répulsion pour le « naturel » : des normes aux dispositifs institutionnels.

L’« arrangement » entre maîtrise technicienne et médicale du corps et valorisation du naturel et de l’organicité n’a cessé d’évoluer dans l’histoire. Il renvoie à une tension, un équilibre paradoxal, entre nécessité de contrôler la dimension biologique du corps individuel, sa dimension organique, ses excrétions, ses débordements, c’est-à-dire sa massive présence corporelle ; et nécessité de revenir à la nature, à une authenticité perdue dans la société urbaine et industrielle, et de rendre aux individus leur rapport censément perdu à leur corporéité et leur environnement. Dans les années 1960-1970, cet arrangement s’est traduit ainsi à la fois par une injonction au contrôle de la procréation et de la mort (évacuation hygiéniste des cadavres, « déni de la mort », etc.), en même temps que par un retour hédoniste à la nature (accouchement naturel, naturisme, début de la production « bio », retour à la terre et discours « écologique » au sens large). Quarante ans après, quelles formes prend cet arrangement ? On assiste à de nouvelles invites institutionnelles et sociales à retrouver la nature mais elles accompagnent de fortes tendances inverses. L’invitation à contempler l’organicité des sujets (recours croissant à la thanatopraxie, présentation et photographie des cadavres), n’entrave pas la forte croissance du recours à la crémation et à la dispersion des cendres. La valorisation du tout « bio » flanque l’ardente obligation à la pasteurisation de nos vies quotidiennes – lavages de mains, port de masques médicaux, nourriture sous plastique – portée notamment par les politiques publiques de santé. Ou encore, certes sur un tout autre terrain apparemment, l’adhésion enthousiaste aux filiations choisies (adoptions, familles recomposées, parrainages) et à l’artificialité (procréation médicalement assistée) s’accompagne désormais d’une aspiration à reconstituer sa filiation biologique (pour les enfants adoptés, ceux nés sous X, et aujourd’hui, ceux nés d’un don de gamètes). Il s’agira ici de repérer cette tension dans ses formes tant historiques (XVIIIe-XXIe siècles) que contemporaines, en s’appuyant sur des situations et des objets concrets, des interactions, des pratiques et des discours normatifs déterminés, portés par des professionnels spécifiques, dont les professionnels de la politique. Le rôle particulier – et souvent très actif – joué en cette matière par les institutions méritera aussi d’être analysé. L’attention devrait être portée à l’analyse des espaces sociaux, des gestes, des postures, des aménagements concrets que dictent chacune des tendances contradictoires de cet arrangement, mais aussi leur essai de réconciliation. L’analyse des affects mobilisés autour de ces arrangements (« goût » pour le bio, attirance pour l’allaitement, « beauté » des morts, mais « dégoût », à l’inverse, pour une organicité trop appuyée, etc.) sera tout particulièrement bienvenue. Tout comme la mise en valeur des formes historiques – et sans doute socialement situées – les plus stabilisées de compromis entre ces tendances contradictoires (valorisation de l’enfant, mais sans handicap ; exposition du cadavre, mais esthétisé ; manger à satiété mais manger « bio »). Car à travers ces compromis, ce qui se négocie ici c’est la place toujours mouvante et disputée que nos cultures accordent à la nature. Autant de questions que nous souhaitons voir traitées dans la diachronie autant que possible et à l’aide de données empiriques attestées, c’est-à-dire à travers l’analyse de pratiques effectives ou de corpus bien délimités de discours. Les démarches faisant appel à plusieurs disciplines seront les bienvenues.

Les propositions de communication (3000 signes maximum, espaces compris) présenteront le ou les thèmes auxquels se rattache leur intervention, l’objet de la recherche, le questionnement et la problématique, le terrain, les catégories et le nombre de personnes interrogées (ou à défaut, les corpus systématiques de sources sur lesquels ils s’appuient si ce travail n’est pas lié à un terrain).

Les propositions comprendront les éléments suivants dans l’ordre d’apparition : • Nom, prénom du/des auteur-e-s • Fonction et institution de rattachement • Adresse mail • Titre de la communication • 5 mots clés • Proposition de communication (3000 signes maximum espaces compris) • Titre et résumé de la proposition (1500 signes espaces compris)

Les propositions doivent être adressées simultanément sous fichier word et rtf à : Dominique Memmi (dominique.memmi csu.cnrs.fr), Gilles Raveneau (gilles.raveneau mae.u-paris10.fr), et Emmanuel Taïeb (emmanuel.taieb iep-grenoble.fr) au plus tard pour le 7 janvier 2011.

Les propositions seront sélectionnées en fonction de leur qualité scientifique et de l’originalité du matériau empirique mobilisé. Les réponses aux propositions que nous auront reçues seront envoyées à la mi février 2011. Les résumés (1500 signes) des propositions acceptées figureront dans le volume édité pour le congrès.

Nous vous remercions de bien vouloir : 1- indiquer en objet de votre message : AFS-RT17 proposition congrès 2- nommer votre fichier de la façon suivante : nom-congrès AFS 2011.doc

Pour toute question ou problème, Emmanuel Taïeb se met aimablement à votre disposition : (Emmanuel Taïeb  iep-grenoble.fr>).

Attention : Le Congrès se tiendra du 5 au 8 juillet 2011 à Grenoble. La participation au Congrès est payante, et les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge de l’intervenant, mais une prise en charge financière est prévue pour les étudiants et chômeurs sur demande auprès des organisateurs du congrès.

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Gilles Raveneau , "Les métamorphoses du biologique (appel à com.)" [en ligne], in
Afea, Association française d’ethnologie et d’anthropologie, page publiée le 1er décembre 2010 [visitée le 23 mai 2013], disponible sur: http://www.asso-afea.fr/Les-metamorphoses-du-biologique.html

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