Geneviève Bédoucha
Directeur de recherche au CNRS
Coédition Maison des sciences de l’homme & éditions Quæ
ISBN • 978-2-7351-1326-2
15x23 cm broché
688 p. + cartes, 64 photos en coul
En cette terre de grande propriété foncière, la prégnance symbolique des étangs a traversé les siècles. Après une enquête de terrain longue et minutieuse l’auteur se tourne vers les sources historiques et montre le lien essentiel entre gestion de l’eau et société sur la longue durée alors que rien ne laissait imaginer, en zone humide, que l’eau puisse être considérée et gérée comme une ressource précieuse.
Elle l’est ici pourtant doublement : par les exploitants piscicoles qui s’ingénient à récupérer l’eau d’étang à étang, et par les éleveurs qui, en saison chaude, trouvent dans les étangs un appoint capital pour l’abreuvage du bétail. Dans cette terre éminemment privée où n’existe aucune instance collective de gestion de l’eau, la dépendance des étangs tous reliés les uns aux autres entraîne celle des hommes.
Car si la gestion de l’eau repose sur une tradition, elle exige aussi des arrangements sans cesse à réinventer : tissu d’obligations multiples et réciproques dont se dessine alors la trame dans toutes ses nuances. Fortement ritualisées, les journées de pêche, qui scandent les longs hivers, rapprochent les hommes de catégories sociales différentes, resserrent les liens, permettent, par une parole, ces jours-là sans entraves, de libérer les tensions sociales.







