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Réponse à l’appel du MESR concernant la procédure de simplification

mardi 2 février 2016, par Lacaze Gaëlle

L’AFEA souhaite d’abord attirer l’attention du Ministère sur la manière dont cet appel à «  consultation élargie  » de la communauté scientifique n’a pas été largement diffusé. Plusieurs des membres de l’association, titulaires du MESR, n’en ont été informés qu’en diffusion «  privée  ». De plus, nous craignons que cette consultation soit une fois de plus une «  bouteille à la mer  », comme le furent les Assises générales de l’université en 2012.

Cependant, nous invitons les membres de l’AFEA à prendre part à la consultation, individuellement ou collectivement, en participant RAPIDEMENT aux propositions sur lesquelles nous travaillons, en essayant, par ces propositions, d’y jouer notre rôle d’association scientifique, de fédération d’ethnologues et d’anthropologues.

APPEL DU MESR

Les documents de référence sont joints à cet article.

COMUE

La mutualisation des moyens au sein de COMUE entraîne une disparition de la diversité des formations laquelle légitime rapidement une disparition des moyens humains et financiers. De plus, les COMUE posent différents problèmes de gestion compliquant considérablement le fonctionnement des structures de recherche et d’enseignement.

Ressources humaines

L’AFEA déplore la diminution du nombre de postes statutaires au CNRS et dans les universités.

Rien que dans la section 38 du CNRS, on constate la disparition de 3 postes au niveau des chargés de recherche par rapport à l’année précédente. On compte cette année, en 2016, 4 postes DR2, 2 de CR1 et 3 de CR2. Sur les 5 postes de chargés de recherche (CR1 et CR2) 3 sont, de plus, «  coloriés  ». Aussi, on évalue à 22,5 le nombre de candidats par poste en 2015 et à 36 candidats par poste en 2016.

Cette restriction des moyens est par ailleurs paradoxale alors que le président du CNRS a rappelé, suite aux attentats de novembre dernier, que c’est la science qui «  permet de mieux comprendre ce qui est réellement visé  ».
L’AFEA note que ces restrictions touchent à la fois le domaine de la recherche, de l’enseignement et de l’édition.

Appels à projet

L’AFEA, comme nombre des membres de la communauté scientifique en sciences humaines et sociales, déplore l’intensification de la recherche financée sur projet corrélativement à la diminution du nombre de postes statutaires. Le temps perdu dans la constitution et le suivi de dossier par les statutaires du MESR pourrait être investi dans une recherche pérenne.

L’AFEA soutient néanmoins plusieurs des propositions faites concernant la gestion des appels à projet  :

«  - Créer un portail national répertoriant par thématique et donnant accès à l’ensemble des appels à projets nationaux, européens et internationaux  ;
- Harmoniser les calendriers des appels à projets nationaux 
- Créer une plateforme nationale de réponse en ligne pour les appels à projets  » 

Formations

L’AFEA n’est pas favorable à la

«  la réécriture du décret de 1987 et l’assouplissement des conditions de recrutement, tout en veillant à ne pas développer l’emploi précaire  ;  »

car cette vigilance risque de s’avérer lettre morte et favoriser la précarisation déjà importante des étudiants et des jeunes docteurs.

L’AFEA ne soutient pas la volonté de

«  Simplifier et harmoniser les pratiques pédagogiques et les modalités de conventionnement entre les universités et les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et autres instituts de formation paramédicale  ». 

Le doctorat en trois ans s’avère délétère pour les sciences humaines et sociales et pour l’ethnologie/ anthropologie en particulier. En effet, les recherches de terrain nécessitent de s’imprégner sur le long terme de la culture étudiée, tandis que l’écriture d’une thèse restitue une réflexion de longue haleine dans ces disciplines. Un appauvrissement certains résulte de la pression sur la durée d’études. En outre, l’uniformisation des cursus contredit la diversité et la transdisciplinarité à laquelle nous sommes par ailleurs constamment invités.

Les contraintes d’évaluation entrainent une violence des conditions de travail dans différentes universités pour les statutaires, tandis que les restrictions budgétaires imposées sur les composantes et les facultés conduisent à des carences en enseignants qui ont des conséquences préjudiciables aux formations des étudiants. Déjà indexées et dénoncées par différentes grèves et mobilisations dans les années précédentes, les conditions de traitement des vacataires n’ont pas été résolues.

En outre, l’AFEA se positionne clairement contre la disparition programmée de certains parcours de licence consacrées à l’anthropologie, dont les premières années seront fondues dans une licence globale de sciences sociales (cf. Université de Lyon). La qualité des formations à la recherche développées dans ces universités, qui étaient devenues les plus attractives en France pour leur parcours en anthropologie, est menacée par cette mesure, de même que la professionnalisation des chercheurs.  

titre documents joints


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Lacaze Gaëlle , "Réponse à l’appel du MESR concernant la procédure de simplification" [en ligne], in
Afea, Association française d’ethnologie et d’anthropologie, page publiée le 2 février 2016 [visitée le 22 octobre 2017], disponible sur: http://www.asso-afea.fr/Reponse-a-l-appel-du-MESR.html

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